Mental Ghost

Mental Ghost est une scénographie immersive pensée pour une performance électronique live, où le son spatialisé et la lumière fusionnent en un seul écosystème vivant.
Des structures linéaires de LEDs, dispersées dans l’espace scénique, forment un réseau suspendu en tension permanente. Elles sont enveloppées de voiles circulaires translucides, halos fantomatiques où la lumière se diffracte et se dissout. Au cœur de cette matière lumineuse, des enceintes diffusent des couches sonores abstraites, organiques, parfois grinçantes, auxquelles les LEDs répondent comme un système nerveux en surchauffe.
Le public est invité à circuler sous et autour de cette constellation suspendue, immergé dans un champ audio-lumineux en perpétuel mouvement. Chaque élément répond aux autres, comme les fragments d’un esprit traversé de signaux contradictoires — une activité cérébrale erratique transmise de point en point, une forme d’interférence mentale devenue matériau de scène.
Démarche
La pièce porte une dimension autobiographique et puise dans l’architecture d’Europe de l’Est pour évoquer mes origines polonaises. En mêlant matériaux anciens et contemporains, elle explore la tension entre enracinement et adaptation, à travers l’histoire migratoire de mes parents, contraints de fuir le régime communiste en 1980 pour reconstruire leur vie en France.
La scénographie emprunte aux éléments architecturaux qui ont marqué mon enfance — tubes néon et grands tissus drapés — observés au fil de nombreux allers-retours vers la Pologne. Réinterprétés dans une esthétique spatiale fragmentée, ils deviennent le langage visuel d’un désordre intérieur, d’instabilités silencieuses et de résonances invisibles. L’installation met cette mémoire diffuse en tension avec la lumière et le son spatialisés : une proximité conflictuelle avec ses racines, un lien qui persiste malgré la distance, toujours présent sans jamais être tout à fait stable.
Son spatialisé
Le système de diffusion n’utilise que des enceintes placées en hauteur. Dans les dispositifs circulaires, le point d’écoute optimal se réduit à une zone étroite au centre du cercle — précisément l’espace occupé par les interprètes et leur matériel, ce qui ne laisse qu’une petite partie du public percevoir l’immersion telle qu’elle a été écrite. Accrocher les enceintes au grill rend la distance entre le public et les sources bien plus homogène dans toute la salle, et élargit la zone où la spatialisation s’entend comme prévu.
Cela libère aussi le centre de l’espace. Plutôt que de faire face à une scène, le public traverse la scénographie tandis que le duo joue depuis deux extrémités opposées de la salle. Partiellement intégrées au décor, les enceintes disparaissent visuellement.

Résidences
SPÆS Lab, Berlin — deux semaines en juillet 2026 sous le dôme de haut-parleurs modulaire du laboratoire, avec le soutien du programme européen Culture Moves Europe. La première couche sonore de Mental Ghost y a été composée.

Césaré, Centre national de création musicale, Reims — une semaine en mars 2027 sur leur plateau modulable de 120 m², consacrée à l’interaction entre lumière et son et à la diffusion spatialisée en conditions réelles.
Technique
LEDs adressables individuellement, pilotées par un contrôleur Advatek en ArtNet et séquencées dans MadMapper. Ableton Live commande la lumière en MIDI : chaque impulsion sonore peut déclencher une modulation lumineuse. La spatialisation sonore tourne sur Holophonix. Trois cercles de 1,5 m, 2 m et 3 m de diamètre, habillés de tulle. Durée estimée : 45 minutes.
Un projet en duo avec Vincent Meurisse. Références sonores : ambient industrielle, expérimentation numérique et glitch — Aphex Twin, Ryoji Ikeda, Zero Crossing Point.